Le double discours des politiques sur le logement

Le constat est implacable, tous les ministres du Logement affrontent, un jour ou l’autre, le serpent de mer immobilier le plus endurant de tous les temps : la crise du logement.

 

Malgré leurs gesticulations, le constat est toujours aussi implacable : la crise se poursuit et ne semble pas prête de s’arrêter. Pas un jour ne passe sans que l’on entende parler d’immeubles insalubres, d’incendies meurtriers ou de marchands de sommeil sans remords. À entendre les politiques, tout est fait pour la juguler. Où est le problème, puisque la crise perdure ?

Il tient en deux mots : double discours. Oui, les politiques et particulièrement les ministres du Logement successifs publient lois et décrets, accordent faveurs fiscales et réductions d’impôts à tour de bras. Les dispositifs nommés en leurs noms se succèdent (Méhaignerie, Périssol, Besson, Borloo, Scellier, Duflot…) et ne leur survivent pas.

La transition énergétique, victime malgré elle

Justement, tout est là. Les dispositifs fiscaux de toutes sortes sont si intéressants que l’État finit par perdre de l’argent. Un exemple : le Prêt social location accession (PSLA). Il offre, entre autres, une réduction immédiate de TVA (quasiment 15% de réduction sur le prix) et une exonération de taxe foncière pendant 15 ans. Avec autant d’argent en moins dans les caisses de l’État, il n’est pas étonnant qu’il ne communique pas sur ce dispositif.

Autre exemple, la transition énergétique. Au coeur des discours depuis le Grenelle de l’environnement en 2010 et avant la COP21, grand-messe climatique de 2015, il a fallu attendre la loi Pinel (2014) pour, enfin, obtenir un environnement et des dispositifs fiscaux favorables aux économies d’énergie dans les logements. Ainsi, pour bénéficier des avantages financiers de la loi Pinel, un logement neuf doit respecter les dernières réglementations en vigueur (RT 2012 ou BBC 2005) et un ancien obtenir un des labels HPE rénovation ou BBC rénovation 2009. Pour les travaux, le seul éco-PTZ+ existe et il va disparaître à la fin de l’année.
Tant que les politiques de tous bords n’accepteront pas une baisse massive des recettes fiscales pour que la population puisse, enfin, habiter dignement, le serpent continuera à se mordre la queue.

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